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Bonjour et bienvenue sur Niochi. J’ai une mission aujourd’hui. Celle de vous faire découvrir un plat mythique du Congo : Le maboke. 

Le maboke est un plat de la cuisine congolaise. C’est un plat de poisson, épicé et enveloppé dans du manioc ou une feuille de bananier. Il est également consommé dans d’autres parties de la cuisine africaine, comme en République démocratique du Congo. Il est parfois servi avec des bananes plantains frites et du riz. La formule de maboke la plus connues est celle réalisé avec le silure.

Le silure est un poisson emblématique

Patrimoine de la diversité naturelle de la faune au Congo (Brazzaville). Le silure est un poisson emblématique dans le quotidien de chez nous. Il abonde dans les eaux douces qui recouvrent l’étendue du territoire Congolais. Vulgariser dans les marchés domaniaux de la capitale dans toutes ses formes.

Son approvisionnement vient essentiellement des départements nord du pays à forte concentration d’eau douce notamment Impfondo, Makoua, Oyo, Edou et bien d’autres. Qu’il soit frais ou fumé, le silure est entièrement intégré dans le comportement culinaire congolais. On le retrouve souvent fumé dans les plats comme le “koko na emboto”. C’est une sauce à la pâte d’arachide très appréciée au point d’être un plat régulièrement consommé. On peut toutefois côtoyer les pêcheurs de quartiers des grandes villes pour l’avoir bon marché.

Une recette et cuisson ancestrale

Le maboke, une recette et cuisson ancestrale
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Cependant, son mystère demeure dans sa cuisson authentique que nos ancêtres ont su transmettre jusqu’à ce jour. Forte d’une recette ancestrale, la femme congolaise est en majorité spécialiste du mythique plat de “Maboke ya ngolo” (Ngolo veut dire silure en lingala). Un plat assez pimenté où on retrouve en général un silure morcelé en trois cuits à la braise dans un feuillage. La quantité de feuille laisse croire à l’acquisition d’une part importante pour les plus gourmands. Une malice de certaines vendeuses qui profite de faire du chiffre. 

Le bouillon de silure mêle plusieurs légumes dont l’oignon ou parfumé à l’ail. Ce plat est très apprécié par les fervents consommateurs de bières ou de vin de palme (tsamba en lari) qui s’enchantent à la dégustation. On y trouve également les poissons d’eau douce telles des carpes bouillant d’un feu étouffé dans les mêmes feuillages. Cuit dans les mêmes conditions la carpe ou le silure est aussi très succulent à la sauce blanche. Cette diversité de maboke laisse le libre choix aux consommateurs de faire le tour des saveurs.

Le maboke met tout le monde d’accord

 chikwangue
L’aliment de base est souvent la chikwangue

Aimé de tous. Peu importe le lieu, le rang social ou encore le statut professionnel. Le Maboke demeure un culte gastrique ancestral au quel on adhère tous parfois inconsciemment. Que ça soit dans les malewa et même dans les n’gandas, à Loango, à Diosso et bien d’autres à Pointe-Noire. Les cataractes, Kintélé ou au beach à Brazzaville. Sans oublier les vendeuses ambulantes munie d’un plateau de mabokes porté sur la tête. On se prête tous familièrement au repas sans préjugés oubliant parfois l’état salubre de l’établissement envoûter par le savoir faire.

Une recette très appréciée pour les amoureux du tourisme rural. Néanmoins, sa pauvre quantité de chaire nous laisse faire une gymnastique à la dégustation pour apprécier les bouts de chaires et les épices entre les arrêtes. Le tout dans une communion où le plat s’apprécie le mieux à la main et dans son feuillage.

Un plat sans frontière

Ce plat est également populaire dans les grandes villes du Congo. On le retrouve souvent dans la plupart des restaurants de luxe. Ceci s’explique par les prix élevés du marché qui mettent hors concurrence les restaurants standard et un malewa qui ont en général un menu bon marché pour le citoyen moyen. Classant ainsi le maboke parmi les plats réservés aux personnes privilégiées.

Le week-end les adeptes de ce fameux plat envahissent les quartiers écologiques comme Kintélé à Brazzaville ou Nanga à Pointe-Noire pour la communion gastrique des ancêtres dans les restaurants et profiter d’un moment de partage en pleine air, avec une bière fraiche. Dans la capitale économique, il est très fréquent de voir les aînés se posés solo ou en couple dans les terrasses de quartiers comme sur les dallettes de Songolo à la sortie du pont dans l’arrondissement 5.

Et vous, aimez-vous les mabokes et quel est votre meilleur restaurant de maboke. Répondez nous en commentaire.

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