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Nous voici aujourd’hui, le 15 août 2020, jour de la célébration de l’indépendance du Congo. Journée historique de la nation attachée aux luttes des pères fondateurs. 60 ans plus tard, qu’est-ce que cela signifie pour la nation ?

Nous apprécions votre curiosité en visitant le blog de Niochi. Heureux vous qui nous lisez, car le royaume de la connaissance et du partage est à vous.

À défaut d’être trop sérieux, on vous offre de la bonne humeur toujours avec la même mission : Vous faire sentir chez vous partout en Afrique. Permettez tout de même que l’envol de l’aventure parte du Congo-Brazzaville.

Pays historique, qui est parfois fier de son indépendance et jaloux de sa place de capitale de la France libre d’autrefois. Une sorte d’ambiguïté de l’esclave libéré qui implore les soins de son ancien maitre. 

Si la capitale de l’autre rive a été rebaptisée Kinshasa au lieu de Léopoldville pour rompre avec leur passé colonial, la capitale du Congo a gardé son nom de Brazzaville et a même construit un mémorial à l’honneur de l’explorateur Pierre Savorgnan De Brazza. Un colonisateur pour moi et humaniste pour des faiseurs d’histoire.

15 août 1960 – 15 août 2020, le Congo est à 60 ans de son accession à l’indépendance. Veuillez attacher votre ceinture de sécurité pour un décollage immédiat. Nous allons plonger dans un débat passionné que beaucoup de gens évitent #ChezMoiAuCongo.

Tous ceux qui aiment le Congo s’intéressent à son histoire mais nous ne ferons pas un cours de mémoire ici, l’école et les livres sont bien placés pour ça. D’ailleurs, je ne suis pas historien, même si ça me tente de vouloir réécrire l’histoire du Congo. Je ne la connais pas vraiment, en tout cas pas encore, sinon celle teintée de flou et des non-dits, colportée de génération en génération. Mais bon ! Nous ne nous sommes pas là pour faire le procès de l’histoire du Congo même si j’estime que c’est nécessaire.

60 ans plus tard, Ou en sommes-nous ?

On se rappelle encore comme si c’était hier que nous célébrions en grande pompe il y a 10 ans des festivités de nos 50 ans d’indépendance. Un demi-siècle ce n’est pas rien. C’est l’âge de la maturité. Maintenant 5 devient 6, le Congo comme l’ensemble des pays africains célèbre le 60e anniversaire d’accession à son indépendance. Dirons-nous maintenant que c’est l’âge de la sagesse ? Je ne me prononcerai pas.

Contrairement aux énervements plutôt aux événements passés, celui-ci a été privé de sa grandeur festive à cause de la pandémie de la Covid-19 qui continue de menacer la stabilité économique de nos États fragiles. Une célébration à la montre. Tout excès t’expose à la chicotte du couvre-feu ramené à 20:00

Source : Ministère de la Communication & Médias

Mais bon !  Peu importe la manière dont elle a été célébrée, le drapeau tricolore lui, continue de rayonner avec son hymne en fond sonore pour rappeler aux congolais qu’ils sont debout depuis 1960.

Le pays lui, continue de vivre avec ces beaux paysages et ses odeurs, ses chutes d’eau et ses délestages, ses terres arables et sa famine, ses grandes forêts et sa carence des tables banc dans les écoles.  Enfin, un peu de tout pour te rendre HeuMaleureux, une sorte de jouissance et de tourbillon de pensée.

Pas si vite ! Marquons une pause et interrogeons-nous. Qu’entend-on par indépendance ?

La question peut paraitre banale mais c’est toujours bien de se rassurer qu’on connait parfaitement ce que l’on célèbre n’est-ce pas ?

L’expérience montre que les choses les plus familières sont celles qui nous échappent le plus. Si Je me trompe, donnez-moi la définition du mot « manger » et n’hésitez pas de consulter votre dictionnaire pour se rassurer que vous n’avez pas fait l’idiot 😅.

Je ne sais pas si vous avez trouvé la bonne, mais si vous avez pris une minute pour donner une réponse censée, tu peux avouer en commentaire que vous avez échoué à l’exercice. 🤣

Ça peut aller comme ça ! Je me trompe ?

J’avoue qu’il s’agit ici de la définition des académiciens. Des gars qui nous affichent « Diplômé à la Sorbonne » devant la porte de leur bureau. Surement pour narguer nos diplômes de Ouagadougou, de Brazzaville et de Libreville.  

J’ai préféré entendre l’imagination des Congolais d’ici, en mieux de la jeunesse, pour mieux appréhender la notion de l’indépendance au regard du citoyen. Car, l’imagination est plus importante que le savoir disait Albert Einstein.

Ces trois éléments sont cumulatifs, et confèrent à un État la prérogative de la souveraineté. Il s’agit d’un droit absolu qu’a un peuple à régler ses propres affaires sans en devoir aucun compte à un autre.

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Indépendance, un mot simple à lire et compliqué à définir

Si le concept n’est toujours pas limpide pour vous, je comprendrai. Essayons d’avancer quand même.

Pour Richtel LEMVO, Autonomie et Souveraineté sont les deux termes politiques qui reviennent lorsqu’on parle d’accession à l’indépendance. Termes qui seraient bien vide de sens, si derrière l’indépendance, le pays ne possède pas la capacité de s’autodéterminer politiquement, économiquement, historiquement, etc…

Morel NTALANI compte à lui, ajoute que l’indépendance c’est l’absence de soumission et de dépendance d’un Etat vis-à-vis des autres Etats.

Loin de tarir, Emeraude KOUKA ajoute « qu’Au-delà du formel, de l’officiel, il y a le factuel. Un pays peut avoir une indépendance de droit, et subir une hégémonie de fait. On n’est pas économiquement émancipé lorsqu’on demeure insolvable, lorsqu’on n’a pas son mot à dire sur le marché international.

Cette illustration, qui est loin d’avoir tout dit sur la réalité économique du Congo, et dont un spécialiste parlerait mieux que moi, est à l’image de la domination culturelle. L’émancipation suppose aussi de connaitre son histoire, parler sa langue, assumer sa sociologie et sa philosophie. Or, il y a une injonction tacite à la minimisation des particularités culturelles et de la pensée locale. C’est une forme d’égarement. »

J’espère que les choses deviennent un peu plus claires maintenant !

Sinon pour ma part la domination culturelle dont Emeraude fait mention devrait être à mon avis, la base même de toute construction et reconstruction de notre indépendance. Il n’est pas rare d’entendre autour de nous, un ami congolais dire ‘’Je suis un blanc’’ ou ‘’je mange comme un blanc’’ des clichés qui peuvent traduire très bien l’état de notre indépendance d’esprit. J’aurais aimé vous parler ici de Franz Fanon. Mais je préfère vous épargner de mes folies de littéraire.

Après avoir dit tout ça ! A vous de nous donner votre definition de l’indépendance et de nous dire ou se situe le Congo selon votre perception. Je vous laisse la liberté de nous partager votre avis en commentaire.

Avant de commenter, rassurez-vous que vous n’avez jamais interdit à votre enfant de s’exprimer en langue locale.

Au Congo, la fête de l’indépendance est un grand événement.

On peut manquer d’argent pour tout sauf pour cette célébration. Un défilé militaire et civil est souvent organisé en présence du Chef de l’Etat et de nombreux invités de marque. Il arrive qu’on fasse appel à d’autres chefs d’Etats Africains à se joindre à la fête.

Ce ne pas si difficile de se rendre compte de l’exceptionnalité de cet événement. En plus du défilé, c’est l’un des rares moments où les Congolais peuvent être sûrs de suivre en direct un match de football sur la chaine nationale du pays. Pouvons-nous dire que cette fête fait concurrence au sport, et autres évènements culturels ?

En soirée, les uns sont bercés par les pas de dance de Mama Ngouli et Papa Denguès, les autres par les déhanchements des filles candidates à l’élection Miss Congo. C’est la seule fois d’ailleurs, où parents et enfants peuvent regarder ensemble sans gêne à la télé des filles en bikini.

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Source

La jubilation est visible surtout dans la capitale. Bière à flot dans les bars et VIP, les agents marketeurs non rémunérés des grandes marques étrangères qu’on appelle chez nous « Sapeurs » sont aussi de la partie. Il suffit de faire un tour sur l’avenue Matsoua à Bacongo pour être séduit par des frimes et le sérieux des allures de ces professionnels du vestimentaire.  

Pour inviter toute la population congolaise à participer à la fête et doter l’intérieur du Pays des infrastructures de base, les festivités du 15 août ont fait le tour des douze (12) départements du Congo. Une initiative originale connue au nom de Municipalisation accélérée. Les résultats de cette belle aventure sont-ils satisfaisants ? Cette question est un débat que je laisse Maixent Foukou développer sur son plateau. Mais bon ! Avec les Congolais rien n’est trop sûr au point de transformer le nom en municipalisation désaccélérée. Le peu qu’on puisse dire, c’est que tous les Congolais sinon presque, s’accordent à reconnaître la sacralité de cette journée.

Il reste à savoir, si nous commémorons réellement la mémoire en question.

Que représente la journée du 15 Août pour le citoyen lambda ?

Le Congo est à ses 60 ans d’indépendance. On ne peut s’empêcher de se demander si tous les congolais se sentent réellement concernés par cette journée historique si ce n’est le fait de profiter d’un jour férié.

Les Congolais sont fiers de leur pays, on ne peut douter de leur attachement à la patrie. Ils ne manquent pas de le faire savoir lors des grands rendez-vous. Tu as beau juré de ne plus supporter les diables rouges, il suffit de les voir se qualifier à la CAN et tu es surpris de découvrir un sourire sur leurs visages. Tu as beau être en colère contre les musiciens congolais, il suffit d’écouter la chanson ‘’Hymne de la Paix ‘’ de Jacques Loubelo pour se sentir fier d’être congolais.

Mais à l’envers de cet amour pour le Congo, l’insatisfaction du peuple est patente, il suffit de tendre l’oreille pour s’en convaincre. Faire la fête oui mais pour « quel bilan ? », s’interrogent certains. Si les congolais sont unanimes sur la sacralité de la journée, l’emballage des festivités telle que présentée conduit à un désintéressement total d’une bonne partie de la population.

Des hommes politiques se piquent le mérite des vrais héros de la lutte de l’indépendance comme si André Matsoua n’a jamais existé.  Ces vaillants combattants n’ont eu droit qu’à des ruelles en leur nom comme héritage à la mémoire collective. La fête qui devrait être célébrée de tous se transforme à une fête célébrée des uns et pas des autres.  

Qu’en est-il de l’édification de de la jeunesse sur son héritage historique

Le 1er gouvernement du Congo-Brazzaville en 1960. Source

Pas de débat public dans les universités, encore moins dans les cercles de réflexion. Pas de spectacle de théâtre, ni de film au cinéma. N’espérez surtout pas sur le contenu des médias et des programmes scolaires.  

L’incapacité des ainés à communiquer la transe de l’indépendance à la nouvelle génération est palpable. La journée a du mal à vendre son intérêt auprès des jeunes. Non pas parce qu’elle ne représente rien pour eux, mais plutôt parce que le contenu proposé est simplement creux.

Que représente la journée du 15 Août pour vous ?

Rick ILIMBOU répond sèchement RIEN. Et là ! Je suis inquiet. Une inquiétude de l’espoir. Un espoir de remettre en cause la manière de faire d’aujourd’hui, et qui sera sûrement différente et meilleure demain.

Comment rendre la journée du 15 août plus intéressante ?

Tristell MOUANDA suggère par exemple à initier des conférences, des concours de dictés et de poésie sur le thème de l’indépendance. Il faut enseigner aux congolais les profondeurs historiques du 15 août 1960.

Je ne suis pas surpris de cette réponse venant de lui, Tristell est un écrivain.

Vous n’avez pas besoin de fournir d’effort que se rendre compte qu’il est extrémiste.

Et si la journée du 15 Août devenait une opportunité touristique pour le Congo ?

Le Congo est un pays magnifique au-delà de tout ce qu’on peut dire d’écœurant. Fleuve à Brazza la verte, Océan Atlantique à Ponton la Belle, le Congo Brazzaville figure parmi les pays les plus arrosé au monde. Le paysage de sa verdure est simplement magnifique. Des sites à couper le souffle. Pays cosmopolite et contrairement aux autres, au Congo, l’étranger est ROI.

Une bonne nouvelle pour les touristes. Au Congo, vous vous sentirez réellement chez vous. C’est une garantie à coup sûr.

La jeunesse congolaise ne manque pas d’imagination pour donner à cette journée la grandeur dont elle mérite.

Imaginez cette fête prendre une aura internationale. Une aura à tel point que les étrangers veulent venir au Congo célébrer avec nous et immortaliser ces moments.

Imaginez un 15 Août thématique, où les populations de chaque département seront amenées à innover sur l’habillage de la ville en invitant des résidents étrangers à la fête.

Imaginez un 15 Août à la Tabaski. Recette unique sur toute l’étendue du territoire nationale où tout le monde peut manger chez tout le monde.

Imaginez un 15 Août avec un carnaval de la sape des tenues Made In Congo.

Imaginez un 15 août avec toutes les idées qui vous traversent l’esprit en ce moment et dont vous complétez la liste en commentaire.

Aimons le Congo et nous verrons sa beauté.

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